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Marilyne BRUHAT

24_01_2019, à Châteauneuf

Marilyne nous reçoit, dans le froid, au Centre Equestre de Châteauneuf. Après avoir fait visiter le site et rencontrer son compagnon de compétition, nous nous asseyons dans l’étable autour d’un café bien chaud pour parler de son double parcours, ou même triple parcours…

Bonjour Marilyne, peux-tu nous parler de ton parcours sportif ?

 

J’ai commencé l’équitation très tôt, à l’âge de 4 ans, et j’ai très vite voulu en faire mon métier. J’ai donc passé mon diplôme BPJEPS, mention "activité équestre", en 2008, à 24 ans, pour pouvoir enseigner l’équitation et être reconnue en tant que cavalière. A côté de ça, j’ai continué la compétition, j’en fais toujours actuellement et j’ai une équipe de cavaliers que je coach en concours très régulièrement.

 

As-tu d’autres activités à côté de l’équitation ?

 

Je suis éducateur sportif à la mairie de Martigues depuis 10 ans, avec le CIS (Centre d’Initiation sportive), je travaille avec beaucoup d’enfants en périscolaire. Et, depuis peu, je suis chargée de réservation de groupe adulte au site mémorial du Camp des Milles.

 

A quel point le sport est-il important pour toi ?

 

Le sport est important pour moi dans l’épanouissement personnel, et pour le côté compétitif aussi. C’est indispensable pour moi d’avoir ça en plus d’une situation professionnelle qui me prend aussi beaucoup de temps. Oui, c’est un besoin parce que, même si l’équitation est sensé « ne pas être un sport » (rire), c’est un sport, c’est physique, ça permet de s’aérer.

 

Pourquoi c'est sensé "ne pas être un sport" ?

 

Parce que combien de personnes disent que l’équitation n’est pas un sport ?

 

Il ne faut pas les écouter ces personnes là…

 

Oui, et bien, je défie quiconque de monter à cheval (rire).

 

Est-ce que l’investissement dans ton sport, qui est un sport, a pu altérer d’autres volets de ta vie ?

 

L’équitation est un sport hyper rigoureux, qui demande énormément d’investissement personnel et de temps, donc oui ça peut altérer. Mais bon, j’ai toujours pratiqué, mon entourage est habitué, c’est ce que je fais donc j’arrive à faire la part des choses. Après, au niveau professionnel, c’est vrai que j’ai toujours cherché à travailler en fonction de mon sport, d’adapter mes choix professionnels en fonction de la pratique de l’équitation.

 

Tu arrives à combiner les deux ?

 

C’est beaucoup d’organisation. Les matins, je regroupe la grande majorité de mes cours d’équitation et du travail avec les chevaux ; et les après-midis, j’ai mon emploi de chargé de réservation, qui est un emploi en intérieur, en bureau. Et de temps en temps le soir, je reviens après le boulot à 18h30 faire des cours jusqu’à 20h. Et en plus de ça, je travaille pour la mairie tous les mercredis et samedis matins. Ça fait un sacré emploi du temps.

 

Pourquoi est-il important selon toi d’avoir une vie à coté du sport ?

 

Pour mon cas, je travaille avec des animaux, donc le fait d’avoir un contact humain, une vie sociale en dehors de l’équitation, c’est super important.

 

Comment as-tu opéré tes choix de parcours pour atteindre ton équilibre entre tes différentes vies ?

 

Déjà, j’ai passé un diplôme pour être éducateur sportif, le BPJEPS. Et j’ai passé une spécialisation dans l’équitation, ce qui me permet d’être monitrice d’équitation donc de travailler dans mon sport, ma passion. Ainsi, pouvoir mêler ce que j’aime avec ma vie professionnelle. En tant qu’éducateur, je fais aussi d’autres sports, ça me permet aussi de voir autre chose, d’autres publics.

 

 

Quelles difficultés ou facilités as-tu rencontré pour mener à bien tes deux projets ?

 

Le fait d’être dans le milieu du sport, pour les employeurs que j’ai rencontré, ça a été quelque chose de positif. D’avoir un boulot et une passion à coté, c’est bien vu par les entreprises. Là, par exemple, le dernier entretien que j’ai passé pour le Camp des Milles, il m’a demandé : « Est-ce que t’as une passion ? Est-ce que tu fais quelque chose à coté ? » pour savoir si j’avais d’autres occupations que la vie au bureau. C’est important. Le désavantage, c’est que ça prend beaucoup de temps, de tout mêler et de continuer à avoir du temps pour soi.

 

Tu faisais quoi avant de travailler au camp des milles ?

 

Avant mon emploi au Camp des Milles, je faisais plus d’heures en tant qu’éducateur, mais c’est un statut de vacataire, donc je cherchais de la stabilité, que j’ai trouvé avec ce CDI.

 

C’est un emploi qui t’apportes quelque chose ?

 

Tout simplement, mon statut de vacataire ne me permettait pas d’avoir des projets dans la vie comme acheter un bien immobilier, faire un prêt parce que les banques nous suivaient pas. Donc il me fallait un CDI, donc voilà, là j’ai un CDI et j’ai acheté une maison. Il m’apporte une stabilité, une crédibilité au niveau social.

 

Cette crédibilité, tu ne l’as pas par la pratique du sport à haut niveau ?

 

Non, je ne suis pas sur la liste sportive de haut niveau, je l’étais en tant que jeune, mais je ne suis plus jeune (rire). Je participe à des épreuves professionnelles mais sans avoir le statut officiel.

 

 

Comment vois-tu ta vie après l’arrêt du sport à haut niveau ?

 

Pour l’instant, je ne prévois pas d’arrêter parce que c’est un sport que l’on peut continuer assez tard, donc je n’y pense pas spécialement. Je pense que j’ai encore des belles années à venir, ce n’est pas comme le football où on se dit à 35 ans, c’est finit. Moi, j’ai 34 ans, et je peux encore faire des choses que je n’ai pas réalisées.

 

Merci Maryline