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Chris MOKOKO

01_02_2019, à Paris

Bonjour Chris, peux-tu nous parler de ton parcours sportif ?

 

J’ai eu ma première licence de foot au club de Levallois-Perret à l’âge de 9 ans. Des années plus tard, j’ai déménagé dans l’Essonne et donc j’ai changé de club pour aller au VESC à Evry en Départemental. Puis, j’ai fait le grand saut pour me retrouver au club de Viry-Châtillon en 14 Fédéraux, à l’époque. C’est pendant cette période, en jouant contre des clubs professionnels que je me suis dit que je voulais un jour vivre de ma passion. À 16 ans, le club de Bretigny-sur-Orge me fait venir pour évoluer en 16 Nationaux. À cette époque, le club était connu comme le meilleur club amateur d’Ile-de-France et servait de passerelle pour intégrer une structure professionnelle. Là bas, j’ai fait la rencontre d’un agent qui m’a emmené à Club Lavallois en 18 Nationaux pour un 1er test qui s’est avéré concluant. Mais je n’ai pas pu signé, tout de suite, à cause de mes résultats scolaires insuffisants… 6 mois plus tard, ils m’ont rappelé pour me faire signer et c’est là que j’ai intégré ma 1ère structure professionnelle : le 1er janvier 2009. Au début, ça se passait bien, même si le rythme entre les cours et le football était assez compliqué à tenir, assez soutenu, je n’étais pas habitué à ça. Et là, je me suis blessé et le club a décidé de se passer de moi… C’était mon premier échec, il m’a fait super mal mentalement. Je suis rentré chez moi, et durant une période de 7 à 8 mois, je suis resté inactif, chez moi, sans rien faire. Quelques mois plus tard, j’ai pu me relever, j‘ai rejoué au football, puis j’ai eu l’opportunité d’aller à Chypre pour jouer dans un petit club dans la banlieue de la capital, à Larnaka. Ça se passait super bien jusqu’à la fin d’année où je me suis blessé à la cheville et j’ai dû mettre un terme à mon parcours sportif au plus haut niveau.

 

À quel point le sport est-il important pour toi ?

 

Le sport m’a permis de voyager, de côtoyer des personnes d’autres cultures, comme par exemple mes anciens coéquipiers chypriotes. Sans le sport, je ne serai jamais aller dans un pays comme celui-ci. Aussi, le centre de formation m’a appris la discipline, l’écoute de l’autre, l’ouverture d’esprit. Le sport est et restera une partie intégrante de moi car je pars du principe que le sport est générateur de valeurs.

 

Tu nous as parlé d’une période difficile après ton écartement, comment tu as géré cette période ? Quel était ton état esprit à ce moment là ? Reprendre le football à tout prix ou trouver une autre voie ?

 

Comme je l’ai dit, après mon écartement, je suis resté 7 à 8 mois, chez moi, inactif, la tête au fond du sac. Et je n’étais vraiment pas préparé à ça parce que pour moi, je voulais devenir professionnel. Ça a été très difficile, mais j’ai su me relever quelques mois, quelques années plus tard, accepter l’échec et me dire que j’aurai d’autres opportunités.

 

 

C’est quelque chose que tu n’avais pas du tout préparé ? En centre de formation, tu te disais que tu pouvais ne pas devenir pro ou ce n’était pas envisageable ?

 

C’est clair qu’on vous le rappelle toujours au centre de formation. Et à l’école il y avait des professeurs qui nous disiez : « L’école est super important, tout le monde ne pourra pas être pro ». Et effectivement, ils avaient raison. Mais quand tu es au centre de formation, tu es dans une bulle, tu es en dehors de la vraie vie, donc tu n’envisages pas d’autres options que de réussir. À un moment, c’est un peu le piège. Moi, me concernant, je n’envisageais aucune autres options que de devenir pro.

 

 

Dans quel sens « T’es dans une bulle » ? Peux tu nous parler un peu de la vie en centre ?

 

Quand t’es dans le centre, tes affaires sont lavées, rangées, repassées. On nous fait à manger, nos appartements sont même nettoyés. Donc, de ce fait, on a plus ces choses de la vie, ces responsabilités qui te font grandir aussi.

 

 

Pour toi, était-il possible de mener un double projet à cette époque dans cet environnement ?

 

Je pense que pour les jeunes joueurs, c’est possible de mener à bien un double projet. Par exemple, j’étais avec un jeune qui avait entrepris des études en parallèle du sport pour pouvoir, après le sport devenir professeur de sport. Il faisait une licence STAPS. Donc oui, c’est possible d’envisager un double projet en étant dans le sport. Mais, il faut être bien entouré et vraiment avoir de la volonté pour pouvoir sortir de cette bulle et penser aux choses extérieures au football.

 

Et toi, quels ont été les moyens que tu as mis en œuvre pour te relancer ? Après ton expérience à Chypre, tu as arrêté le sport et tu t’es tourné vers les études ?

 

Moi, après mon expérience de Chypre, j’avais plus d’expérience dans la gestion de l’échec. Le deuxième échec est moins douloureux, parce que l’on sait à quoi s’attendre. Donc à partir de là, je suis rentré chez moi calmement, et des personnes m’ont orienté vers des forums de travail. Donc je suis aller à ces forums de recrutement avec des CV et j’ai pu avoir mon premier job dans un entrepôt, un deuxième en CDI dans la restauration et puis, un jour, j’ai fait mon examen de conscience et je me suis dit : « Pourquoi pas reprendre les études ? » Donc j’ai repris mes études par l’intermédiaire d’un diplôme d’accès aux études universitaires. C’est un diplôme accessible à tout le monde, il faut juste avoir un niveau lycée. Au départ, c’était difficile, je l’ai raté la 1ère fois, mais réussi la 2ème ; j’ai donc pu faire des études universitaires. Actuellement, je concours pour un Bac +2 Management des Unités Commerciales.

 

 

Tu penses que ton parcours sportif à été un bénéfice ou un handicap dans l’intégration de ce qui était un nouveau monde pour toi ?

 

Je n’ai pas eu de difficultés dans la réinsertion professionnelle, parce que je m’étais mis en tête que les seuls jobs que je pouvais faire après ma vie de sportif, étaient des jobs qui ne demandaient pas de qualification. Je m’étais préparé mentalement à ça. Les difficultés ont été, pour moi, quand j’ai repris mes études, c’est là que j’ai pu mesurer les lacunes que j’avais et j’ai pu travailler dessus, ça a été bénéfique pour moi.

Dans le sport, on t’apprend le respect de l’autre, on t’apprend beaucoup de valeurs : l’esprit collectif, le fait de ne jamais rien lâcher, l’esprit conquérant, l’esprit challenger. Aujourd’hui, c’est ce type de valeurs qui me reste du sport et qui m’aide à aller de l’avant au quotidien.

 

Comment se passe ta double vie maintenant entre le sport et les études ?

 

C : Le fait de me réveiller, tous les matins, en sachant ce que je vais faire me permet d’avoir un équilibre. Hier c’était pour le travail, aujourd’hui je me lève en me disant qu’il faut que je valide mes diplômes. Pour le sport, je n’ai pas continué, avec les impératifs du boulot et de la vie ce n’était plus possible. Mais, je continu à suivre le football et même tous les sports car je ne me résume pas qu’au foot, j’aime bien le tennis, le basket, même la F1.

 

Merci Chris pour ce partage.